A l’avenir, seuls les produits dont l’origine est prouvée comme étant sans déforestation pourront être commercialisés. Jens Trabert explique dans une interview ce que cela signifie pour FST.
L’Union européenne veut stopper la conversion des forêts tropicales en terres agricoles et protéger ainsi le climat, la biodiversité et les droits de l’homme. Dans ce but, elle a adopté le « European Union Deforestation Regulation (EUDR) ». Elle oblige les entreprises à prouver que certaines matières premières et certains produits sont exempts de déforestation. Cela signifie que les marchandises et les produits ne peuvent provenir que de zones qui n’ont pas été déboisées depuis la date limite du 31 décembre 2020. Les fournisseurs doivent le prouver à l’aide de données géographiques. Les matières premières concernées sont le bois, le café, l’huile de palme et – d’une importance particulière pour Freudenberg Sealing Technologies (FST) – le caoutchouc naturel. Quiconque ne peut pas justifier d’une déclaration de diligence raisonnable (DDS) pour ses produits ne peut plus les importer ou les distribuer en Europe. Les contrevenants risquent une amende pouvant atteindre quatre pour cent du chiffre d’affaires. Pour FST, cela signifie de nouvelles données, de nouveaux processus et beaucoup de travail.
Alors que le règlement devait entrer en vigueur le 1er janvier 2026, l’UE a décidé de repousser la date d’entrée en vigueur d’un an. Après que l’Union européenne se soit mise d’accord début décembre sur un report du règlement sur la déforestation dans le cadre de la procédure de trilogue, le Parlement européen a également ouvert la voie de manière formelle lors de sa session du 17 décembre. Cela devrait garantir une transition en douceur.
Ce report donne plus de temps aux entreprises – mais pour FST, cela ne signifie pas du tout une détente, comme le raconte Jens Trabert, directeur mondial du développement durable.

Monsieur Trabert, avez-vous respiré et vous êtes-vous détendu lorsque vous avez appris le report du règlement de l’Union européenne sur la déforestation ?
Oui et non. Cela enlève un peu de pression, mais nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Car les processus sont complexes et les exigences demeurent. Nous profitons du temps supplémentaire pour mettre en place des processus stables et former toutes les personnes concernées. Le report n’est pas une raison pour ralentir – au contraire : nous voulons être préparés au mieux avant que la réglementation n’entre en vigueur.
Dans quelle mesure la FST est-elle affectée par elle ?
En fait, très forte – même si nous traitons comparativement peu de caoutchouc naturel. Le régime concerne quelques milliers d’articles, dont des kits et des multi-composants, y compris ceux des divisions Industrial Services et Corteco. Les numéros de tarif douanier sont larges et s’appliquent au caoutchouc naturel, aux mélanges de caoutchouc, au caoutchouc non vulcanisé ainsi qu’aux joints ou aux pièces caoutchouc-métal en caoutchouc souple. Or, FST transforme en grande partie des élastomères synthétiques, qui relèvent également de cette classe tarifaire, mais ne sont pas pertinents pour l’EUDR. Jusqu’à présent, l’attestation négative est très compliquée à obtenir lors de l’importation et de la communication au client.
Outre le caoutchouc naturel, la réglementation européenne s’applique également à d’autres matières premières que nous utilisons : Bois, papier et huile de palme. Nous utilisons par exemple le bois et le papier pour les emballages et les palettes, et l’huile de palme en spray est en partie utilisée dans la production.
Que doit faire concrètement FST pour être en conformité avec la loi ?
Tout d’abord, nous devons classer toutes les importations et exportations selon les numéros de tarif douanier pertinents pour l’EUDR. Pour les produits concernés, nous avons besoin de déclarations de diligence raisonnable (DDS) de la part de nos fournisseurs. Celles-ci confirment que les marchandises ont été fabriquées sans déforestation. La déclaration est téléchargée dans le système d’information de l’UE et un numéro DDS lui est attribué. Alternativement, nous recevons ce numéro directement du fournisseur. Il s’agit ici d’une traçabilité sans faille tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Ainsi, la réglementation de l’UE est également bien plus qu’une simple question de durabilité – c’est un facteur de conformité ayant un impact direct sur la chaîne d’approvisionnement.
Dans un deuxième temps, nous devons intégrer ces numéros DDS dans nos données de base SAP et nos processus de chaîne d’approvisionnement afin que nos marchandises ne restent pas bloquées à la douane et que nous puissions répondre rapidement aux questions des clients.
Cela semble être une tâche importante. Comment procédez-vous ?
Nous avons constitué une équipe d’experts et travaillons en étroite collaboration avec nos collègues des services Achats, Développement des matériaux, Importation/exportation, Gestion de la chaîne d’approvisionnement, Ventes, Conformité ainsi qu’avec les Lead Centers. En effet, FST n’achète pas tous les matériaux de manière centralisée ; les lead centers passent également leurs propres commandes, ce qui augmente la complexité. Nous formons, fournissons des informations et disposons d’une feuille de route détaillée décrivant notre marche à suivre.
Quels sont les défis auxquels vous êtes actuellement confrontés ?
Il existe quelques obstacles et incertitudes techniques. Par exemple, le système européen d’enregistrement des numéros DDS n’est pas encore pleinement opérationnel – c’est certainement l’une des raisons du report. Beaucoup de choses sont actuellement en cours, nous devons y réagir avec flexibilité. De plus, la Commission européenne a jusqu’en mai 2026 pour proposer une simplification. Ce n’est qu’ensuite que les exigences proprement dites seront claires et le délai jusqu’en décembre 2026 est à nouveau court.
Merci beaucoup pour ces informations intéressantes, Monsieur Trabert.