{"id":9507,"date":"2024-03-15T10:40:00","date_gmt":"2024-03-15T09:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/?p=9507"},"modified":"2024-03-19T15:58:32","modified_gmt":"2024-03-19T14:58:32","slug":"sur-les-traces-du-fondateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/fr\/2024\/03\/sur-les-traces-du-fondateur\/","title":{"rendered":"Sur les traces du fondateur"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Carl Johann Freudenberg&nbsp;\u2013 c\u2019est avec lui que commence l\u2019histoire et la r\u00e9ussite du Groupe technologique Freudenberg. Le 9 f\u00e9vrier 1849, il fonde \u00e0&nbsp;Weinheim, avec un partenaire, une petite fabrique de cuir. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019ascension incomparable qui devait mener \u00e0&nbsp;une entreprise mondiale, essor parfaitement document\u00e9, entre autres dans des archives modernes. Mais que nous r\u00e9v\u00e8lent ces documents de la personnalit\u00e9 de son fondateur, de l\u2019homme Carl Johann&nbsp;? Comment sa mani\u00e8re de penser et d\u2019agir impose-t-elle aujourd\u2019hui encore son empreinte aux valeurs de l\u2019entreprise Freudenberg&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julia Schneider, archiviste de notre entreprise, raconte&nbsp;: \u00ab&nbsp;Imaginez un jeune cr\u00e9ateur d\u2019entreprise dont le troisi\u00e8me enfant vient de na\u00eetre et qui, en pleine guerre civile, emprunte une grosse somme \u00e0&nbsp;son beau-p\u00e8re pour racheter une petite soci\u00e9t\u00e9 industrielle en faillite&nbsp;!&nbsp;\u00bb Cette approche certes un peu simplifi\u00e9e de la personne de Carl Johann le montre bien&nbsp;: il ne manquait sans doute pas de confiance en lui. Il a&nbsp;eu aussi la chance de pouvoir profiter d\u2019une constellation propice pour passer peu \u00e0&nbsp;peu de la position d\u2019apprenti \u00e0&nbsp;celle de copropri\u00e9taire, et plus tard de seul propri\u00e9taire de son entreprise. Mais de quoi cette constellation est-elle faite&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui a&nbsp;pouss\u00e9 ce jeune p\u00e8re de famille de 30&nbsp;ans, au c\u0153ur d\u2019une p\u00e9riode pleine d\u2019incertitude, \u00e0&nbsp;croire au succ\u00e8s&nbsp;? \u00ab&nbsp;D\u2019une part des traits de caract\u00e8re favorables, mais aussi les compagnons de route appropri\u00e9s, tant sur le plan professionnel que priv\u00e9&nbsp;\u00bb, explique Julia Schneider.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1160\" height=\"731\" src=\"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-1160x731.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9378\" srcset=\"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-1160x731.jpg 1160w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-800x504.jpg 800w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-1536x968.jpg 1536w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-120x76.jpg 120w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-90x57.jpg 90w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-320x202.jpg 320w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857-560x353.jpg 560w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/15_02_Familie-Carl-Johann-Freudenberg_1857.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1160px) 100vw, 1160px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cette photographie de 1857, color\u00e9e \u00e0\u00a0la main, montre le fondateur de notre entreprise avec son \u00e9pouse et six de leurs enfants.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 id=\"lenfant\" class=\"wp-block-heading\">L\u2019enfant<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Carl Johann n\u2019a que 9 ans \u00e0&nbsp;la mort de son p\u00e8re, Georg Wilhelm. Celui-ci avait tout d\u2019abord tenu l\u2019auberge \u00ab&nbsp;Zum L\u00f6wen&nbsp;\u00bb \u00e0&nbsp;Hachenburg, une petite ville situ\u00e9e entre Cologne et Francfort. Les d\u00e9buts de l\u2019industrialisation ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une crise accompagn\u00e9e d\u2019une grande pauvret\u00e9, et les affaires vont mal. D\u00e9but 1829, l\u2019auberge doit fermer, et l\u2019aubergiste doit changer compl\u00e8tement de m\u00e9tier. Il devient responsable du poste de douane de Weilburg an der Lahn, o\u00f9 il meurt peu apr\u00e8s, le 9 mars 1829. Le seul \u00e0&nbsp;\u00eatre aupr\u00e8s de lui&nbsp;: son fils Carl Johann, qu\u2019il a&nbsp;emmen\u00e9 avec lui \u00e0&nbsp;son d\u00e9part de Hachenburg. La famille est en deuil, et se bat pour survivre. La m\u00e8re de Carl Johann s\u2019installe avec lui et ses cinq fr\u00e8res et s\u0153urs \u00e0&nbsp;Neuwied, o\u00f9 de proches parents assurent financi\u00e8rement leur existence. \u00c0&nbsp;14 ans, Carl Johann doit se suffire \u00e0&nbsp;lui-m\u00eame et commence un apprentissage dans le commerce de cuir de son oncle, \u00e0&nbsp;Mannheim, \u00e0&nbsp;200 kilom\u00e8tres de Neuwied&nbsp;\u2013 une distance \u00e9norme \u00e0&nbsp;l\u2019\u00e9poque. \u00ab&nbsp;La mis\u00e8re dans laquelle se trouvait sa famille a&nbsp;certainement d\u00e9clench\u00e9 quelque chose en lui&nbsp;\u2013 et certainement aussi la volont\u00e9 de r\u00e9ussir dans la vie&nbsp;\u00bb, conclut Julia Schneider. \u00ab&nbsp;Nous le voyons dans la p\u00e9riode qui suit, o\u00f9 son ambition, son travail assidu et son caract\u00e8re \u00e9conome font de lui un self-made man.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"lascension\" class=\"wp-block-heading\">L\u2019ascension<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Carl Johann est seul et ne peut compter sur personne. Mais il d\u00e9couvre vite ses points forts. Il est apprenti chez son oncle Johan \u00adBaptist Sammet et l\u2019associ\u00e9 de celui-ci, \u00adHeinrich Christian Heintze, \u00e0&nbsp;Mannheim&nbsp;\u2013 compar\u00e9e \u00e0&nbsp;sa commune natale, une ville tr\u00e9pidante. \u00ab&nbsp;C\u2019est l\u2019\u00e9poque \u00e0&nbsp;laquelle il se rend compte des effets positifs que ses actions et ses aptitudes peuvent avoir sur sa vie. Il prend confiance en lui, ce qui l\u2019aide \u00e0&nbsp;poursuivre son objectif de r\u00e9ussir dans la vie&nbsp;\u00bb, souligne l\u2019archiviste. Travailleur et ambitieux, le jeune homme ne se contente pas de servir les clients au comptoir du commerce de cuir et de livrer des marchandises, il tient aussi, depuis le magasin, un n\u00e9goce de cigares \u00e0&nbsp;son propre compte. Lui qui n\u2019a fr\u00e9quent\u00e9 aucune \u00e9cole secondaire apprend le fran\u00e7ais et l\u2019anglais, va r\u00e9guli\u00e8rement au th\u00e9\u00e2tre national de Mannheim, \u00e9volue avec une assurance croissante dans des cercles bien consid\u00e9r\u00e9s internationaux, et fait preuve de ses talents dans l\u2019entreprise de son oncle. En 1844, il acquiert 20\u2009% des parts de l\u2019entreprise en tant que bailleur de fonds.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"lepoux\" class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9poux<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9pouse Sophie Martenstein, dont il a&nbsp;fait la connaissance un an plus t\u00f4t au printemps dans une \u00ab&nbsp;Liedertafel&nbsp;\u00bb, une soci\u00e9t\u00e9 chorale. Sophie Martenstein est issue d\u2019une famille ais\u00e9e de Worms. Son p\u00e8re fait le commerce d\u2019\u00e9pices, et est un homme d\u2019affaires respect\u00e9. Il consent \u00e0&nbsp;cette union, et ne se contente pas de se renseigner sur les sentiments, le caract\u00e8re ou l\u2019apparence du jeune homme. Il s\u2019agit aussi de sa situation \u00e9conomique, financi\u00e8re et professionnelle. Sophie \u00e9crit dans ses m\u00e9moires&nbsp;: \u00ab&nbsp;Convaincu qu\u2019il aurait ainsi un gendre pos\u00e9 et travailleur, qui avait gagn\u00e9 d\u00e9j\u00e0 5.000 florins [ce qui correspondrait \u00e0&nbsp;environ 100.000&nbsp;euros aujourd\u2019hui], il fut enclin \u00e0&nbsp;lui confier sa seule fille.&nbsp;\u00bb Au cours des ann\u00e9es qui suivent, deux filles voient le jour, Elise et Luise, laquelle meurt cependant tr\u00e8s t\u00f4t. Lorsque son fil, Friedrich Carl, na\u00eet en 1848 \u00e0&nbsp;\u00adMannheim, la r\u00e9volution badoise bat d\u00e9j\u00e0 son plein.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1160\" height=\"730\" src=\"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-1160x730.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9383\" srcset=\"https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-1160x730.jpg 1160w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-800x503.jpg 800w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-1536x966.jpg 1536w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-120x76.jpg 120w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-90x57.jpg 90w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-320x201.jpg 320w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857-560x352.jpg 560w, https:\/\/sw.fst.com\/magazine\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/47_08_Gemaelde-Weinheim-Kirchner_1857.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1160px) 100vw, 1160px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Weinheim en 1857, avec \u00e0\u00a0gauche l\u2019usine de vernissage de Freudenberg, pour une part cach\u00e9e par les arbres.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 id=\"le-contemporain\" class=\"wp-block-heading\">Le contemporain<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais que se passe-t-il devant la porte de Carl Johann \u00e0&nbsp;Mannheim&nbsp;? Les enjeux sont la libert\u00e9 de la presse, l\u2019instauration de cours d\u2019assises, et d\u2019un \u00c9tat national allemand avec un parlement \u00e9lu librement. Jusqu\u2019alors, le pays n\u2019est qu\u2019une mosa\u00efque de territoires autonomes, dont le grand-duch\u00e9 de Bade avec la ville de Mannheim. Les r\u00e9volutionnaires sont divis\u00e9s en deux camps&nbsp;: le clan lib\u00e9ral constitutionnel et le camp d\u00e9mocratique radical. Mannheim est secou\u00e9 par des \u00e9meutes, la population r\u00e9clame un changement profond, des assembl\u00e9es populaires se r\u00e9unissent dans l\u2019ensemble du Land, avec des milliers de participants. Des batailles ont lieu dans les rues. \u00ab&nbsp;Les commer\u00e7ants et les hommes d\u2019affaires, qui souhaitent bien entendu toujours une situation politique stable, sont inquiets. C\u2019est aussi le cas pour Carl Johann&nbsp;\u00bb, explique Julia Schneider.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"lentrepreneur\" class=\"wp-block-heading\">L\u2019entrepreneur<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des temp\u00eates politiques s\u2019abattent sur le Land et entra\u00eenent \u00e9galement la chute de la banque qui finance, par des lettres de change, le commerce de cuir. L\u2019entreprise est confront\u00e9e \u00e0\u00a0des difficult\u00e9s de paiement et doit \u00eatre dissoute en 1848. \u00ab\u00a0Freudenberg a\u00a0la chance de pouvoir profiter de cette crise comme d\u2019une opportunit\u00e9 parce qu\u2019il a\u00a0derri\u00e8re lui une famille solide qui peut lui donner une aide financi\u00e8re de pouss\u00e9e\u00a0\u00bb, poursuit Julia Schneider. Son beau-p\u00e8re, qui l\u2019estime beaucoup, met \u00e0\u00a0disposition de sa fille le capital n\u00e9cessaire pour qu\u2019elle puisse soutenir le projet de son mari\u00a0: reprendre une partie de l\u2019entreprise\u00a0\u2013 \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9poque, int\u00e9grer ainsi une fille dans les affaires \u00e9tait une d\u00e9marche on ne peut plus moderne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fils de Carl Johann, Friedrich Carl, n\u00e9 l\u2019ann\u00e9e de la r\u00e9volution, \u00e9crit 90 ans plus tard dans ses m\u00e9moires\u00a0: \u00ab\u00a0Les deux associ\u00e9s devant se s\u00e9parer en raison de la liquidation de l\u2019entreprise, mon p\u00e8re eut la possibilit\u00e9 de choisir l\u2019un deux. Son choix se porta sur Monsieur Heintze. C\u2019est ainsi que vit le jour \u00e0\u00a0Weinheim la soci\u00e9t\u00e9 Heintze &amp; Freudenberg, qui reprit en 1849 la petite tannerie de peaux de veaux.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pourquoi ach\u00e8te-t-il des parts de l\u2019usine de cuir avec Heintze, et non des parts du commerce de cuir de son oncle&nbsp;? Du point de vue de l\u2019entrepreneur, celle-ci pr\u00e9sente des potentiels organisationnels et de croissance beaucoup plus importants qu\u2019un \u00ab&nbsp;simple&nbsp;\u00bb commerce de maroquinerie. \u00ab&nbsp;C\u2019est la clairvoyance entrepreneuriale de Carl Johann qui se dessine ici&nbsp;\u00bb, commente Julia Schneider. Et puis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sa conviction de pouvoir r\u00e9ussir m\u00eame dans ces temps tourment\u00e9s repose sans aucun doute sur le fait qu\u2019il a&nbsp;d\u00e9j\u00e0 brav\u00e9 une fois avec succ\u00e8s une crise financi\u00e8re dans sa jeunesse et que ses talents et ses vertus lui ont permis ensuite de r\u00e9ussir. C\u2019est une situation qui se r\u00e9p\u00e8te et qu\u2019il a&nbsp;d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetris\u00e9e dans le pass\u00e9. Et cette fois, il est fermement r\u00e9solu \u00e0&nbsp;tirer parti de son exp\u00e9rience et de ses points forts.&nbsp;\u00bb C\u2019est ainsi que, en pleine r\u00e9volution il jette les bases de ce qui deviendra une entreprise mondiale. Le 9 f\u00e9vrier 1849, un vendredi, les associ\u00e9s scellent officiellement, par une inscription au registre du commerce, la fondation de la soci\u00e9t\u00e9 Heintze &amp; Freudenberg. La r\u00e9volution sera \u00e9cras\u00e9e quelques mois plus tard.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"le-chef-dentreprise\" class=\"wp-block-heading\">Le chef d\u2019entreprise<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours des trois ann\u00e9es qui suivent, le chiffre d\u2019affaires quadruple, le nombre d\u2019employ\u00e9s passe de 50 \u00e0&nbsp;170. \u00ab&nbsp;Trois aspects sont importants ici&nbsp;\u00bb, souligne Julia Schneider. D\u2019une part, la qualit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il existe dans la seule Allemagne \u00e0&nbsp;cette \u00e9poque quelques 10.000 entreprises produisant du cuir. Freudenberg sait qu\u2019Heintze et lui ne peuvent se distinguer que par la qualit\u00e9.&nbsp;\u00bb D\u2019autre part, il a&nbsp;aussi parfaitement conscience du fait qu\u2019il lui faut internationaliser rapidement tant l\u2019achat des peaux et que la vente des cuirs. Selon le slogan \u00ab&nbsp;Go big or go down&nbsp;\u00bb, les deux partenaires \u00e9tablissent de nouvelles relations commerciales aux \u00c9.-U., en Suisse, en Grande-Bretagne, en France et en Turquie (qui \u00e9tait encore \u00e0&nbsp;l\u2019\u00e9poque l\u2019Empire ottoman). Enfin, Freudenberg comprend tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019importance des innovations, et, reprenant une mode venue de France, se met \u00e0&nbsp;fabriquer du cuir vernis. Il doit s\u2019imposer ici contre son partenaire Heintze. \u00ab&nbsp;Ceux qui portent des chaussures vernies se d\u00e9placent en cal\u00e8che, ceux qui portent du cuir normal vont \u00e0&nbsp;pied&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare-t-il, et fait une nouvelle fois preuve de sa clairvoyance&nbsp;: \u00e0&nbsp;l\u2019exposition universelle de 1851 \u00e0&nbsp;Londres, ce produit de Weinheim re\u00e7oit un prix et il assurera le succ\u00e8s de l\u2019entreprise pendant de longues ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"le-bon-pere-de-famille\" class=\"wp-block-heading\">Le bon p\u00e8re de famille<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir rachet\u00e9 en 1874 la totalit\u00e9 des parts de la famille Heintze&nbsp;\u2013 une fois de plus gr\u00e2ce au soutien financier de la famille de son \u00e9pouse&nbsp;\u2013, Carl Johann peut montrer enfin son c\u00f4t\u00e9 de patron soucieux de son personnel, ce \u00e0&nbsp;quoi son partenaire, uniquement pr\u00e9occup\u00e9 des aspects \u00e9conomiques, avait fait obstacle jusque-l\u00e0. La m\u00eame ann\u00e9e, il fonde une association d\u2019assurance maladie, qui deviendra plus tard la caisse maladie propre de Freudenberg, puis un fond de soutien pour les employ\u00e9s dans le besoin et leurs familles. \u00ab&nbsp;On voit bien ici le rapport avec ses souvenirs d\u2019enfance&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare Julia Schneider.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Freudenberg fait entrer dans l\u2019entreprise, pour le soutenir, ses fils Friedrich Carl et \u00adHermann Ernst, et en fait ainsi une entreprise familiale. En 1887, ils deviennent ses associ\u00e9s avec un tiers des parts chacun. L\u2019entreprise compte alors d\u00e9j\u00e0 plus de 500 employ\u00e9s. Pr\u00e9parant le passage \u00e0&nbsp;la g\u00e9n\u00e9ration suivante et compte tenu de la taille qu\u2019avait atteint la soci\u00e9t\u00e9 Carl Johann r\u00e9dige en 1887 ses Principes directeurs, de sa propre main. Modestie, honn\u00eatet\u00e9, assise financi\u00e8re et adaptation sont pour lui les principes fondamentaux de succ\u00e8s de toute activit\u00e9 commerciale. La confiance&nbsp;\u2013 non seulement en soi, mais \u00e9galement dans la famille, les partenaires, les collaborateurs&nbsp;\u2013 joue elle aussi un grand r\u00f4le. \u00ab&nbsp;Mieux vaut faire confiance cent fois, au risque de se tromper, que de se m\u00e9fier une seule fois \u00e0&nbsp;tort.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marqu\u00e9 par les revers de fortune, Carl \u00adJohann Freudenberg s\u2019est toujours, par son assiduit\u00e9, son sens de l\u2019\u00e9conomie, sa confiance en soi et sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0&nbsp;ses principes, \u00ab&nbsp;efforc\u00e9 de tirer le meilleur parti de toutes les situations&nbsp;\u00bb, pour le citer (Principes commerciaux). D\u2019une grande clairvoyance entrepreneuriale, ouvert au changement et aux innovations, r\u00e9solument confiant, il devient un entrepreneur dont le succ\u00e8s et l\u2019h\u00e9ritage impose aujourd\u2019hui encore leur empreinte \u00e0&nbsp;la culture de notre entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces principes formul\u00e9s alors restent la base des principes commerciaux valables dans l\u2019ensemble du Groupe Freudenberg.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"\" data-post-id=\"9507\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"ip\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">    <\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carl Johann Freudenberg&nbsp;\u2013 c\u2019est avec lui que commence l\u2019histoire et la r\u00e9ussite du Groupe technologique Freudenberg. 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